Baignoire abîmée à l'état des lieux : qui paie ?
Une baignoire marquée au moment de rendre l'appartement inquiète vite les locataires. Voici comment distinguer l'usure normale du dommage, et ce qui se passe réellement avant la restitution des clés.
Mis à jour le 1 novembre 2026 · sources en fin de page
Devis gratuit et sans engagement. Décrivez votre baignoire : un spécialiste de votre région vous rappelle.
Décrire ma situationVous quittez votre appartement dans quelques semaines et la baignoire n'est plus tout à fait ce qu'elle était : un émail terni, un éclat près de la bonde, une trace de rouille sous le robinet. La question arrive tout de suite : est-ce à moi de payer ? La réponse dépend de la cause du défaut, de son ancienneté et de la manière dont l'état des lieux de sortie se déroule. Cette page explique la logique du droit du bail, étape par étape, et ce que vous pouvez faire à temps pour éviter une mauvaise surprise.
Elle donne une information générale. Elle ne remplace ni le contrat de bail, ni l'avis d'un service juridique ou d'une association de locataires si le litige est sérieux. Ce site, lui, ne réalise aucun travail : il vous met en contact avec un spécialiste de votre région, qui peut dire sur place si une réparation ou un réémaillage est envisageable.
Ce que la loi demande au locataire à la sortie
Le point de départ est simple. À la fin du bail, vous rendez le logement dans l'état qui résulte d'un usage conforme au contrat (CO 267 al. 1). Les mots importants sont « usage conforme » : on n'attend pas d'une baignoire qu'elle sorte du logement dans l'état du premier jour. L'usure normale, celle que produisent les années de douches et de bains, n'est donc pas à votre charge.
Deux devoirs encadrent cette règle pendant toute la durée du bail :
- vous devez user de la chose avec le soin nécessaire (CO 257f al. 1) ;
- vous devez signaler au bailleur les défauts dont vous n'avez pas à répondre, faute de quoi vous répondez du dommage causé par ce silence (CO 257g).
Ce second point est souvent oublié. Un émail qui s'écaille doucement n'est pas une faute. Mais une fuite discrète ou une fissure qui s'agrandit, laissée sans signalement pendant des mois, peut aggraver les dégâts et se retourner contre vous.
Usure normale, dommage ou menu entretien : trois cas
Pour savoir qui paie, il faut ranger le défaut dans l'une de ces trois catégories.
L'usure normale : à la charge du bailleur
Un émail qui a perdu son brillant, de fines rayures de surface, un léger jaunissement, une surface devenue rugueuse avec le temps : ce sont des signes d'âge. Ils découlent d'un usage ordinaire. Le bailleur doit entretenir la chose en état approprié à l'usage convenu (CO 256 al. 1), et une clause qui dérogerait à cette règle au détriment du locataire est nulle dans un bail d'habitation (CO 256 al. 2 let. b).
Le menu entretien : à la charge du locataire
Le locataire remédie à ses frais, selon l'usage local, aux défauts qui peuvent être éliminés par les menus travaux de nettoyage ou de réparation indispensables à l'entretien normal de la chose (CO 259). Concrètement : détartrer, nettoyer un joint noirci, refaire un silicone fatigué, remplacer un bouchon cassé. Ces gestes relèvent de votre entretien courant.
Le dommage : à la charge du locataire, s'il est imputable
Un éclat provoqué par la chute d'un flacon, une brûlure laissée par un objet chaud, une rayure profonde causée par un produit abrasif ou un outil : on parle ici d'un dommage, et non plus d'usure. Si vous en êtes à l'origine, vous en répondez. Mais la responsabilité reste liée à la cause réelle : un défaut qui provient d'un vice de la baignoire, d'une canalisation ou d'un défaut de construction n'est pas imputable au locataire.
Le tableau ci-dessous résume la logique.
| Situation | Nature du défaut | Qui supporte en principe |
|---|---|---|
| Émail terni après de longues années | Usure normale | Le bailleur |
| Joint noirci ou silicone fatigué | Menu entretien | Le locataire |
| Éclat après une chute d'objet | Dommage imputable | Le locataire |
| Rouille due à une fuite de la robinetterie | Défaut non imputable | Le bailleur |
| Surface rayée par un produit abrasif | Dommage imputable | Le locataire |
Ce tableau décrit des principes. Dans un cas réel, la cause peut être discutée, et c'est justement là que l'état des lieux compte.
Qui paie ? L'arbre de décision
Cet arbre simplifie volontairement. La répartition réelle tient compte de l'âge de l'installation, de la cause démontrable et de ce qui figure dans les documents d'entrée et de sortie.
Pourquoi l'état des lieux de sortie compte autant
Le Code des obligations ne prescrit pas de forme précise pour l'état des lieux : les articles qui encadrent la restitution ne le mentionnent pas. En pratique, un procès-verbal écrit est pourtant la meilleure preuve de ce qui a été constaté, de part et d'autre.
Ce que le droit impose au bailleur est plus précis. À la restitution, il doit vérifier l'état de la chose et informer immédiatement le locataire des défauts dont celui-ci répond (CO 267a). S'il néglige de le faire, le locataire est libéré, sauf pour les défauts qui ne pouvaient pas être décelés par les vérifications usuelles : ceux-là, le bailleur doit les signaler dès qu'il les découvre.
Deux conséquences pratiques :
- une remarque sur la baignoire doit être faite au moment du contrôle, pas des semaines plus tard par courrier ;
- un défaut visible à l'œil nu le jour de la sortie, et non signalé, ne peut en principe plus vous être reproché ensuite.
Reste un point d'attention : un défaut caché, par exemple une fissure sous un joint, peut être signalé plus tard, dès qu'il est découvert. L'état des lieux n'est donc pas un permis d'abîmer, mais il fixe un cadre clair.
Le cas du procès-verbal du locataire précédent
Si un procès-verbal a été dressé à la restitution lors du bail précédent, le bailleur doit le présenter au nouveau locataire, sur demande, à la remise de la chose (CO 256a al. 1). C'est un document utile : si la baignoire portait déjà un éclat à votre arrivée et que cela figurait dans ce document, vous avez de quoi le démontrer à votre départ. Demandez-le dès l'entrée dans le logement, et pas au moment de partir.
Les clauses qui prétendent faire payer d'avance
Certains contrats ou règlements contiennent une formule du type « le locataire s'engage à faire remettre la baignoire à neuf à la sortie » ou prévoient un forfait de remise en état. Ces clauses doivent se lire avec prudence. Toute convention conclue avant la fin du bail qui prévoit une indemnité du locataire destinée à couvrir autre chose qu'un dommage éventuel est nulle (CO 267 al. 2).
Autrement dit : on ne peut pas vous faire payer d'avance pour l'usure normale. Seul un dommage réel, imputable et constaté, peut donner lieu à une réclamation. Si votre bail contient une telle formule, ne la contestez pas à l'oral au dernier moment : gardez le texte, notez la date du contrôle et, au besoin, rapprochez-vous d'une association de locataires.
Un défaut constaté pendant le bail : ne pas attendre
L'état des lieux n'est pas le seul moment où se joue la question. Si un défaut apparaît pendant que vous habitez le logement et que vous n'y êtes pour rien, vous avez des droits. Pour un défaut non imputable au locataire et auquel il n'a pas à remédier à ses frais, il peut exiger du bailleur la remise en état, une réduction proportionnelle du loyer, des dommages-intérêts et la prise en charge d'un procès contre un tiers ; le locataire d'un immeuble peut aussi consigner le loyer (CO 259a).
Il existe aussi une voie intermédiaire. Si le bailleur connaît un défaut et n'y remédie pas dans un délai convenable, le locataire peut y remédier aux frais du bailleur lorsque l'usage est restreint sans être considérablement entravé (CO 259b let. b). Pour consigner le loyer, il fixe par écrit un délai raisonnable et informe le bailleur par écrit (CO 259g).
Ce sont des démarches sérieuses, qui supposent des écrits datés. Pour une baignoire simplement ternie ou légèrement écaillée, elles sont rarement nécessaires. Mais pour une fuite, une baignoire percée ou une surface qui blesse, elles deviennent pertinentes.
Avant le contrôle de sortie : que faire concrètement
Quelques semaines avant la remise des clés, prenez le temps de faire le point. Voici une démarche qui évite la plupart des litiges.
- Relire le bail et les annexes pour repérer toute mention de la salle de bain
- Retrouver le procès-verbal d'entrée et les photos prises à l'arrivée
- Photographier la baignoire sous une lumière rasante, de plusieurs côtés
- Nettoyer et détartrer sans produit abrasif
- Signaler par écrit au bailleur ou à la régie tout défaut qui n'est pas de votre fait
- Conserver une copie de chaque courrier envoyé
- Demander que les remarques sur la baignoire soient inscrites au procès-verbal de sortie
Une check-list d'état des lieux plus complète est disponible parmi les outils du site.
Photographier correctement
Une photo d'ensemble ne prouve rien. Prenez de près le défaut, puis de plus loin pour montrer sa place dans la baignoire. Un éclat vu en lumière rasante se distingue d'une simple trace de calcaire. Gardez les fichiers d'origine, qui portent la date de prise de vue.
Ne pas bricoler l'émail soi-même
Beaucoup de locataires tentent, la veille du départ, de repeindre une baignoire avec un kit du commerce. Le résultat se voit souvent : zones mates, coulures, reprise visible. Un revêtement de renovation grand public tient typiquement de 1 à 10 ans, et il doit sécher de 2 à 7 jours avant la remise en eau, ce qui laisse peu de marge si les clés se rendent dans la semaine. Pire, une retouche mal réalisée peut transformer une usure normale, qui ne vous coûtait rien, en intervention douteuse que le bailleur vous reprochera.
Si un défaut est réellement de votre fait, mieux vaut en parler avec le bailleur que de le dissimuler.
Réparer avant la sortie : quand c'est utile
Quand le dommage est avéré et que vous en répondez, la meilleure option est souvent de le faire corriger avant le contrôle, plutôt que d'attendre une facture imposée. Un éclat isolé peut en général être repris localement par un professionnel, sans toucher au reste de la surface. Si l'état général est plus avancé, un réémaillage restitue une surface uniforme : l'intervention sur place dure 3 à 5 heures, et la baignoire reste inutilisable 24 à 120 heures selon le produit employé, une durée à prévoir dans votre calendrier de déménagement.
Pour les petits défauts, la réparation de baignoire suffit souvent. Le choix entre les deux dépend de l'étendue du dégât ; l'outil réparer, réémailler ou remplacer aide à s'orienter.
Dans tous les cas, informez le bailleur ou la régie avant d'engager quoi que ce soit. Une réparation faite sans son accord peut être contestée, même si elle est de bonne qualité. Le point de vue de ceux qui reçoivent ces demandes est détaillé sur la page consacrée aux régies et gérances.
Quand le remplacement n'est pas l'issue normale
Un remplacement complet n'est en général justifié que si la baignoire fuit ou est percée. Pour un simple dommage de surface, il disproportionné : un défaut d'émail se traite sans démonter la baignoire. Si la facture annoncée par le bailleur semble reposer sur un remplacement pour un éclat, demandez le détail de ce qui est reproché et pourquoi la réparation n'est pas retenue.
Si le bailleur vous réclame quelque chose
Une réclamation arrive parfois après la sortie. Gardez votre calme et procédez dans l'ordre.
- Vérifier la date de signalement. Le bailleur doit vous informer immédiatement des défauts dont vous répondez. Un reproche tardif sur un défaut visible est discutable.
- Comparer avec l'état d'entrée. Photos et procès-verbal d'arrivée montrent ce qui existait déjà.
- Demander les justificatifs. Devis, facture, description du travail, nature exacte du défaut.
- Contester par écrit si le reproche vous semble infondé, en renvoyant aux articles de loi concernés.
- S'adresser à l'autorité de conciliation en matière de bail de votre canton si le désaccord persiste. La procédure y est simple et ne suppose pas d'avocat.
Chaque canton romand a son organisation propre pour cette étape. Les sources officielles indiquées plus bas renvoient au texte de loi ; les coordonnées des autorités se trouvent sur les sites des cantons de Genève, Vaud, Valais, Neuchâtel, Fribourg et Jura.
Locataire : ce que vous évitez en agissant tôt
Agir tôt ne coûte souvent rien et change la suite. Voici ce qu'un locataire attentif évite :
- une discussion tendue sur des défauts qu'il n'a pas causés ;
- une réclamation sur un éclat qu'il aurait pu faire reprendre avant la sortie ;
- la nullité à invoquer plus tard face à une clause forfaitaire ;
- l'impression que « tout est de sa faute » alors que l'âge de l'installation explique l'essentiel.
À l'inverse, un bailleur ou une régie qui anticipe une sortie y gagne aussi : un défaut signalé tôt se traite avant l'arrivée du locataire suivant.
Comment ce site peut vous aider
Si votre baignoire présente un éclat, une zone terne ou une rouille localisée, et que vous souhaitez savoir si une réparation est possible avant la sortie, vous pouvez demander un devis gratuit et sans engagement. Nous vous mettons en contact avec un spécialiste de votre région, qui évalue le défaut et vous dit ce qui est réaliste. Le fonctionnement est décrit sur la page comment ça marche, et la demande se fait depuis la page de demande de devis.
Questions fréquentes
Qui paie une baignoire usée à la fin du bail ?
L'usure normale reste à la charge du bailleur. Le locataire rend la chose dans l'état qui résulte d'un usage conforme au contrat (CO 267 al. 1). Un émail terni par les années n'est donc pas un motif de facture.
Un éclat dans l'émail est-il de l'usure ou un dommage ?
Un éclat est en général lié à un choc, donc plutôt à un dommage. Si vous en êtes à l'origine, vous en répondez. S'il provient d'une faiblesse du support ou d'un défaut ancien, la discussion est ouverte. La photo du jour d'entrée et le procès-verbal comptent beaucoup.
Le bailleur peut-il exiger une baignoire neuve ?
Non, pas pour une simple usure. Le remplacement ne se justifie que si la baignoire est percée, fuit ou ne peut plus être réparée. Pour un défaut de surface, une réparation ou un réémaillage répond au dommage réel.
Que se passe-t-il si le bailleur ne signale rien lors du contrôle de sortie ?
À la restitution, le bailleur doit vérifier l'état de la chose et informer immédiatement le locataire des défauts dont il répond. S'il néglige de le faire, le locataire est libéré (CO 267a), sauf pour les défauts non décelables par les vérifications usuelles.
Un défaut caché peut-il être reproché plus tard ?
Oui, s'il n'était pas décelable par les vérifications usuelles, le bailleur doit le signaler dès qu'il le découvre. Un défaut bien visible le jour de la sortie, en revanche, doit être signalé tout de suite.
L'état des lieux est-il obligatoire par la loi ?
Le Code des obligations ne prescrit pas de forme précise : les articles consultés ne le mentionnent pas. Dans la pratique, un procès-verbal écrit et signé reste vivement recommandé, car il sert de preuve aux deux parties.
Mon bail prévoit une remise à neuf de la baignoire. Est-ce valable ?
Une convention conclue avant la fin du bail qui prévoit une indemnité destinée à couvrir autre chose qu'un dommage éventuel est nulle (CO 267 al. 2). Une obligation générale de « remise à neuf » est donc très discutable. Gardez le texte et demandez conseil.
Puis-je réparer l'éclat moi-même avant de partir ?
C'est possible pour de petits défauts, mais le résultat est souvent visible. Un kit grand public tient de 1 à 10 ans et demande de 2 à 7 jours avant la remise en eau. Pour un travail propre, un spécialiste obtient une surface plus homogène.
Dois-je prévenir le bailleur avant de faire réparer ?
Oui, c'est préférable. Prévenez-le par écrit avant toute intervention, surtout si le défaut n'est pas de votre fait. Vous devez en outre signaler les défauts dont vous n'avez pas à répondre (CO 257g).
Et si le défaut existait déjà à mon arrivée ?
Le procès-verbal du locataire précédent doit vous être présenté sur demande à la remise du logement (CO 256a al. 1). S'il mentionne le défaut, ou si vos photos d'entrée le montrent, vous n'en répondez pas.
Le joint noirci ou le silicone fatigué est-il à ma charge ?
Oui, en principe. Le locataire remédie à ses frais aux défauts qui peuvent être éliminés par les menus travaux de nettoyage ou de réparation indispensables à l'entretien normal (CO 259), selon l'usage local.
Que faire si le bailleur n'agit pas sur un défaut non imputable ?
Vous pouvez exiger la remise en état, une réduction de loyer ou des dommages-intérêts (CO 259a). Si le bailleur ne réagit pas dans un délai convenable, une remise en état aux frais du bailleur est possible dans certaines conditions (CO 259b let. b). Les démarches se font par écrit.
Quel organisme saisir en cas de désaccord ?
L'autorité de conciliation en matière de bail de votre canton. Elle est compétente pour les litiges entre locataires et bailleurs et offre une première démarche accessible.
Sources
Pages voisines
Ce qui se passe après votre demande
- Vous décrivez la situation : prestation, matériau, problème, NPA.
- Un spécialiste de votre région vous rappelle.
- Il évalue sur photos ou sur place, puis vous envoie un devis gratuit.
- Vous décidez, sans engagement.